UN DEUXIÈME COUP DE MAÎTRE
Lolya faisait les cent pas sur la plate-forme du donjon. Amos venait à peine de quitter la ville sur le dos du dragon en demandant à Médousa de lui prêter une centaine de soldats icariens. Ils avaient chargé dans des sacs le trésor de Maelström et, sans plus d’explications, le garçon était parti en compagnie des icariens.
« Le jour est sur le point de se lever et Barthélémy va sûrement ordonner une nouvelle attaque, pensa Lolya. Il faut absolument que je trouve quelque chose pour aider Junos à protéger la ville… Peut-être un sort ou une malédiction que je…»
— Il faudrait, dit la dague de Baal, que ton ami Béorf arrive avec son armée.
— Je sais bien…, s’impatienta Lolya, mais le chemin à parcourir entre les territoires du Nord et Berrion ne se fait pas en un clin d’œil. Il lui faudra encore beaucoup de temps pour arriver jusqu’ici…
— Et encore, il faudrait qu’il ait réussi à convaincre les peuples du Nord de se joindre à la bataille…
— Connaissant Béorf, je n’en doute pas une seconde.
— Est-ce que tu crois aux miracles ? lui demanda Aylol.
— Non, je ne crois pas aux miracles ! Maintenant ferme-la, je dois absolument réfléchir à un moyen pour aider Junos et ses armées.
— D’accord…, d’accord, je me tais… C’est dommage, car j’avais peut-être une solution pour toi…
— Vas-y, parle ! Je t’écoute…, lui répondit Lolya. Et j’espère que tu ne me feras pas perdre mon temps…
— Savais-tu que, dans le monde, il existe plusieurs niveaux de conscience ?
— OUI, JE LE SAIS ! se fâcha la jeune nécromancienne. Je n’ai pas envie d’avoir un cour sur les univers parallèles, je veux une bonne idée, là, tout de suite !
— Très bien ! fit la dague. En te servant de moi, tu vas découper une porte qui te mènera auprès de Béorf et de son armée.
— ! ? …
— Tu as bien compris, lui assura Aylol. Concentre-toi sur Béorf et taille dans le vide un grand rectangle… C’est ainsi que voyagent les démons supérieurs dans les Enfers. Comme eux, tu vas ouvrir un passage entre toi et ton ami…
— Je veux bien essayer… C’est un peu le même principe que la porte des fées, n’est-ce pas ?
— Exactement, lui confirma la dague. À la seule différence que la porte des fées est stable, alors que celle que nous allons créer risque de se briser.
— Et si cela se produit ? Et puis, non ! Je ne veux pas le savoir, se ravisa Lolya. Le temps presse et je suis prête à prendre le risque.
— Alors, concentre-toi sur ma voix et fais exactement ce que je te dis…
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